Air France : un avion sans pilote et battant de l’aile
La Fédération nationale de l’aviation marchande (FNAM) dénonce des «coûts à l’heure de vol du personnel navigant français parmi les plus élevés au monde». (Photo : AFP) Après le départ de son PDG Jean-Marc Janaillac, Air France se retrouve sans commandant de bord dans un ciel, certes dégagé, avec une croissance soutenue du trafic mais lestée de lourds handicaps face à la concurrence. Quels sont les points faibles de la compagnie ? Dans la course avec ses grands concurrents européens, le transport aérien français a les « chaussures plombées » par des charges fiscales et sociales qui pèsent sur les marges tout comme des taxes et redevances aéroportuaires élevées, indique à l’AFP Jean-François Dominiak, président du Scara (Syndicat des Compagnies Aériennes Autonomes). La Fédération nationale de l’aviation marchande (FNAM) dénonce également des « coûts à l’heure de vol du personnel navigant français parmi les plus élevés au monde ». Selon une enquête du Figaro publiée en avril, un commandant de bord long-courrier perçoit 130 000 euros de rémunération nette après impôts par mois chez Air France (125.000 chez British Airways, BA, et 140.000 chez Lufthansa), un copilote moyen-courrier 45.000 euros contre 50.000 chez BA et 45.000 chez Lufthansa. Un chef de cabine perçoit 40 000 euros contre 35 000 chez BA et 30 000 chez Lufthansa, et les hôtesses et stewards 30 000 euros contre 25.000 chez BA et 20 000 chez son concurrent allemand. Quels ont été les résultats du groupe et de ses concurrents en 2017? Air France, revenue dans le vert en 2015 après sept années de traversée du désert, a affiché pour 2017 de bons résultats, mais inférieurs à ceux de la concurrence européenne. Le groupe a affiché une perte nette de 274 millions d’euros liée à une opération comptable après un changement de régime des fonds de pension aux Pays-Bas mais un bénéfice d’exploitation en hausse de 42% pour 2017 à 1,488 milliard d’euros (dont 910 millions pour KLM). L’allemande Lufthansa a engrangé des profits records en 2017, avec un bénéfice net de 2,36 milliards d’euros, en hausse de 33% sur un an. IAG, maison mère des compagnies espagnoles […]








